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Comprendre le contrôle coercitif : rétractations, agentivité et réponses institutionnelles aux victimes
Publié le 17 septembre 2026
–
Mis à jour le 28 septembre 2026

Séminaire franco-américain avec David Martin, J.D., et Jennifer Ritchie, J.D., dans le cadre du projet RENFORCE, Université Paris Nanterre, 14 octobre 2026 à 14h15
Date(s)
le 14 octobre 2026
14H15
Lieu(x)
Bâtiment Max Weber (W)
Université Paris Nanterre
Résumé
Les professionnel·les de la justice et leurs partenaires sont régulièrement confronté·es à des rétractations, des déclarations "évolutives", des changements de récit ou de comportement de la part des victimes de violence conjugale.
Ces fluctuations, lorsqu’elles sont appréhendées hors de leur contexte relationnel de contrôle coercitif, peuvent sembler paradoxales ou ambivalentes et risquent d’être interprétées comme un manque de crédibilité, une absence de volonté de coopérer ou un désengagement de la procédure.
Le cadre du contrôle coercitif invite à déplacer le regard : plutôt que de les considérer comme un comportement paradoxal ou ambivalent de la victime, il s’agit d’écouter et d’analyser les interactions et contraintes au sein desquelles ils se produisent.
À partir d’enregistrements d’appels téléphoniques passés depuis la détention, David Martin et Jennifer Ritchie analysent les échanges entre des auteurs de violences emprisonnés aux Etats-Unis, et leurs (ex-)partenaires. Ces matériaux permettent d'analyser ce que les auteurs disent, les stratégies relationnelles qu’ils mobilisent et les réponses que les victimes tentent de construire : résistance, négociation, ambivalence, recherche de marges de manœuvre et tentatives de préserver leur sécurité et celle de leurs proches.
En replaçant ces interactions dans la dynamique du contrôle coercitif, leur analyse permet de mieux comprendre comment ce dernier se maintient au-delà de la séparation physique, voire de l’incarcération. Il invite à considérer la rétractation non comme un comportement paradoxal, ambivalent, voire irrationnel, mais comme un comportement susceptible de prendre sens face aux stratégies de contrôle coercitif, des risques encourus et des ressources disponibles pour la victime. Cette approche permet de mieux saisir les conduites qui peuvent paraître paradoxales et de renforcer l’analyse contextuelle des situations de violence conjugale. Elle ouvre une réflexion sur les réponses institutionnelles susceptibles de mieux prendre en compte les trajectoires de victimisation, les contraintes liées au contrôle coercitif et les besoins de rétablissement.
Organisé dans le cadre du projet RENFORCE – REtablissement et reNFORcement de la santé mentale et sociale des femmes victimes de Contrôle coErcitif (LAPPS Université Paris-Nanterre - LPPC Université Paris 8), ce séminaire apporte un éclairage international et interdisciplinaire sur les mécanismes du contrôle coercitif, leurs effets sur l’agentivité et les liens sociaux des victimes, ainsi qu’à la réflexion sur des réponses institutionnelles favorisant leur sécurité, leur autonomie et leur rétablissement.
David Martin, docteur en droit, Procureur adjoint principal, King County Prosecuting Attorney’s Office
David Martin dirige l’unité spécialisée dans les violences conjugales du parquet du comté de King, à Seattle, et codirige la King County Regional Domestic Violence Firearms Enforcement Unit. Fort de trente années de carrière, il est reconnu pour ses travaux sur les poursuites en matière de violences conjugales, le contrôle coercitif et les rétractations des victimes. Il est auteur du livre Recantation and Domestic Violence: The Untold Story (Routledge, 2023), avec Amy Bonomi, professeure à la Faculté de santé et services sociaux de l'Université Northern Arizona.
Jennifer Ritchie, docteure en droit, Procureur adjoint principal, King County Prosecuting Attorney’s Office
Jennifer Ritchie dirige l’unité du parquet du comté de King spécialisée dans les auteurs de violences sexuelles. Forte de plus de trente années d’expérience à l’intersection du trauma, de la victimisation et des réponses institutionnelles, elle a contribué à des travaux législatifs et judiciaires sur la protection des victimes et la responsabilité institutionnelle. Elle est également enseignante en plaidoirie à la University of Washington School of Law et Academic and Clinical Visitor au Center for Critical Democracy Studies de l’American University of Paris.
Les professionnel·les de la justice et leurs partenaires sont régulièrement confronté·es à des rétractations, des déclarations "évolutives", des changements de récit ou de comportement de la part des victimes de violence conjugale.
Ces fluctuations, lorsqu’elles sont appréhendées hors de leur contexte relationnel de contrôle coercitif, peuvent sembler paradoxales ou ambivalentes et risquent d’être interprétées comme un manque de crédibilité, une absence de volonté de coopérer ou un désengagement de la procédure.
Le cadre du contrôle coercitif invite à déplacer le regard : plutôt que de les considérer comme un comportement paradoxal ou ambivalent de la victime, il s’agit d’écouter et d’analyser les interactions et contraintes au sein desquelles ils se produisent.
À partir d’enregistrements d’appels téléphoniques passés depuis la détention, David Martin et Jennifer Ritchie analysent les échanges entre des auteurs de violences emprisonnés aux Etats-Unis, et leurs (ex-)partenaires. Ces matériaux permettent d'analyser ce que les auteurs disent, les stratégies relationnelles qu’ils mobilisent et les réponses que les victimes tentent de construire : résistance, négociation, ambivalence, recherche de marges de manœuvre et tentatives de préserver leur sécurité et celle de leurs proches.
En replaçant ces interactions dans la dynamique du contrôle coercitif, leur analyse permet de mieux comprendre comment ce dernier se maintient au-delà de la séparation physique, voire de l’incarcération. Il invite à considérer la rétractation non comme un comportement paradoxal, ambivalent, voire irrationnel, mais comme un comportement susceptible de prendre sens face aux stratégies de contrôle coercitif, des risques encourus et des ressources disponibles pour la victime. Cette approche permet de mieux saisir les conduites qui peuvent paraître paradoxales et de renforcer l’analyse contextuelle des situations de violence conjugale. Elle ouvre une réflexion sur les réponses institutionnelles susceptibles de mieux prendre en compte les trajectoires de victimisation, les contraintes liées au contrôle coercitif et les besoins de rétablissement.
Organisé dans le cadre du projet RENFORCE – REtablissement et reNFORcement de la santé mentale et sociale des femmes victimes de Contrôle coErcitif (LAPPS Université Paris-Nanterre - LPPC Université Paris 8), ce séminaire apporte un éclairage international et interdisciplinaire sur les mécanismes du contrôle coercitif, leurs effets sur l’agentivité et les liens sociaux des victimes, ainsi qu’à la réflexion sur des réponses institutionnelles favorisant leur sécurité, leur autonomie et leur rétablissement.
David Martin, docteur en droit, Procureur adjoint principal, King County Prosecuting Attorney’s Office
David Martin dirige l’unité spécialisée dans les violences conjugales du parquet du comté de King, à Seattle, et codirige la King County Regional Domestic Violence Firearms Enforcement Unit. Fort de trente années de carrière, il est reconnu pour ses travaux sur les poursuites en matière de violences conjugales, le contrôle coercitif et les rétractations des victimes. Il est auteur du livre Recantation and Domestic Violence: The Untold Story (Routledge, 2023), avec Amy Bonomi, professeure à la Faculté de santé et services sociaux de l'Université Northern Arizona.
Jennifer Ritchie, docteure en droit, Procureur adjoint principal, King County Prosecuting Attorney’s Office
Jennifer Ritchie dirige l’unité du parquet du comté de King spécialisée dans les auteurs de violences sexuelles. Forte de plus de trente années d’expérience à l’intersection du trauma, de la victimisation et des réponses institutionnelles, elle a contribué à des travaux législatifs et judiciaires sur la protection des victimes et la responsabilité institutionnelle. Elle est également enseignante en plaidoirie à la University of Washington School of Law et Academic and Clinical Visitor au Center for Critical Democracy Studies de l’American University of Paris.
Mis à jour le 28 septembre 2026
Contact :
Andreea Vintilla : andreea@parisnanterre.fr
Inscription
Inscriptions ici jusqu'au 12 octobre 12h (40 participants max.). La salle sera précisée lors de la confirmation de l'inscription (e-mail)